Depuis 1921 jusqu'à ce jour, il ya eu trois principales successions dignes de ce nom. La toute première s'est déroulée entre Papa S. KIMBANGU et son fils Papa Diangienda Kuntima, la deuxième entre Papa Diangienda et son frère aîné Dialungana Kiangiani et la troisième entre ce dernier et son fils aîné Papa Simon Kimbangu Kiangani, actuel représentant légal et chef spirituel de l'Eglise kimbanguiste. Par rapport à notre sujet, nous allons juste nous appesantir sur la remise et reprise de Papa Simon KIMBANGU et Papa Diangienda Kuntima, premier chef spirituel et représentant légal de l'E.J.C.S.K. Car tel est l'objet de la question soumise à l'époque par le chef spirituel Papa Diangienda à tous les fidèles kimbanguistes.
Compte-tenu de son importance, nous avons essayé de faire une petite recherche dont nous allons partager ici l'aboutissement. Entre autres, deux ouvrages écrits par des kimbanguistes nous ont particulièrement attiré notre attention dans le cadre de cette petite recherche et nous n'avons pas hésité à les consulter.
Étant donné que très peu d'intellectuels kimbanguistes écrivent, on n'a pas pu faire mieux en ce qui concerne les oeuvres littéraires. Néanmoins, on a pu se rattraper avec les quelques témoignages orales recueillis auprès des vieux et jeunes kimbanguistes.
Pour ce qui est des témoignages oraux, on a pu constater qu'il y a deux versions des faits. Certains pensent que Papa Diangienda et son père ont eu à faire effectivement une remise et reprise, mais ils ignorent la date exacte de cet événement. Nombreux sont ceux qui avancent la date du 29 juillet 1958. Par contre, quelques uns croient, dur comme fer, que la passation de pouvoir entre le père et le fils a eu lieu avant la mort de Papa Simon KIMBANGU, pendant que ce dernier était encore en prison.
Une chose est vraie: la plupart des kimbanguistes ne connaissent pas la véritable date de la remise et reprise de Papa S. KIMBANGU et son fils S.E Papa Diangienda Kuntima. Il y a dans leur raisonnement et leur façon de voir les choses beaucoup d'amalgame et de contradiction à ce sujet.
S'agissant des œuvres littéraires, on en a retenu deux: "
Les notions de l'élection selon l'église kimbanguiste" de Pierre Lembi Dilulu (inédit, 1989) et
"La personnalité spirituelle de Papa Simon KIMBANGU" de Nzakimwena Matondo (Éditions EKI, 2004, France). Si nous n'avions retenu que ces deux-là, c'est parce que leurs auteurs ont été très clairs sur la question qui nous préoccupe.
Pour sa part, papa Nzakimwena Matondo a écrit à la page 154 ce qui suit:
Citation:
"Le père avait lui-même fait son choix dont la passation de pouvoir se fit à Kunda Masangu (Lukulu) en 1958 et non pas avec les notables".
Quant à papa Lembi Dilulu, il nous offre sa compréhension des faits en deux temps. D'abord, aux pages 37-38, il écrit:
Citation:
"Un jour de 1939, selon l'ordre du Seigneur, KIMBANGU depuis la prison d'Elisabethville apparait à son fils cadet pour lui confier l'œuvre prophétique. C'est ainsi qu'avant sa mort, Diangienda obtient la permission le 04 août 51 de Mr. Peigneux d'aller rendre visite à son père en prison à Elisabethville. Une fois arrivé, son père lui donna la bénédiction spéciale pour sa succession prophétique, comme le Seigneur l'avait ordonné".
Ensuite, à la page 43, papa Lembi récidive presque dans les mêmes termes:
Citation:
"Simon KIMBANGU, avant sa mort, s'est vu avec son fils en prison d'Elisabethville et lui confia la charge de son mouvement prophétique le 04 août 51".
Après avoir lu, disséqué et analysé les raisonnements des deux auteurs, il nous importe d'apporter à ce niveau-là notre toute petite contribution.
L'année 1958 retenue par papa Nzakimwena comme celle de la remise et reprise n'a rien à voir avec cet événement. Elle correspond plutôt à l'accident de Papa Diangienda Kuntima à Lukulu qui s'inscrit dans un autre registre. Pour une simple remise et reprise, notre cher Papa n'avait point besoin de faire couler, ne fut-ce qu'une petite goutte de sang. Il faut plutôt replacer l'accident de Lukulu dans le même contexte que la crucifixion de notre Seigneur Jésus christ qui, lui, a été la toute première personnalité de la Sainte trinité à faire couler son précieux sang. Faisant allusion à la souffrance de ce dernier, Papa Dialungana répétait très souvent dans ses prières cette phrase:
Citation:
"Ndiona wa sisa wete wa zulu, watsamuna menga mandi ma ntalu mana makituka lukulu kua beto" (1).
Que veux-tu dire "Lukulu" ? C'est dans cette direction-là qu'il faut rechercher la principale signification de l'accident dont a été victime Papa Diangienda Kuntima en 1958 à Kunda Masangu aujourd'hui communément appelé "LUKULU".
Le 04 août 1951, date considérée par papa Lembi Dilulu comme celle de la remise et reprise entre Papa Simon KIMBANGU et Papa Diangienda, renvoie dans l'esprit de tous les kimbanguistes à la fameuse vallée des jeunes. Cette date n'a effectivement rien à voir avec la passation de pouvoir intervenue entre le père et le fils. En son temps, Papa Diangienda a eu à expliquer lui-même le pourquoi et le comment de la date précitée. Il n'y a donc pas d'autre interprétation à prendre en compte que la sienne.
Après avoir épluché les témoignages orales et les versions écrites sur cette historique remise et reprise, nous constatons qu'il existe pas mal de divergences chez nous-mêmes les kimbanguistes tant sur la date que sur le lieu. Cela étant, nous allons essayer d'apporter deux petites précisions:
---Primo, la succession ne peut se faire qu'en temps réel c'est-à-dire du vivant des deux personnes concernées: le cédant et le successeur.
Tradition humaine oblige ! La volonté du cédant doit être formellement exprimée de vive voix ou par testament avant qu'il n'expire. L'avantage de cette démarche est d'apaiser les esprits et d'éviter inutilement les conflits posthumes. On constate que de Papa Diangienda Kuntima à Papa Dialungana Kiangani, cette volonté est souvent exprimée bien avant son départ par celui qui l'incarne (c'est-à-dire le chef spirituel en fonction) à quelques rares personnes (elles peuvent être kimbanguistes ou non kimbanguistes) et non pas à l'assemblée des fidèles. Ce qui n'est que normal car Dieu est souverain. N'est-ce pas que "la gloire de Dieu, c'est de cacher les choses" ? (
Proverbes 25:2). Bien qu'ayant eu une double nature, Papa Simon KIMBANGU a lui aussi respect à la procédure en se faisant remplacer par son fils cadet en temps réel. Même si cela ne s'est pas fait au vu et au su de tous, nombreux savaient d'avance que c'est Papa Diangienda qui succéderait é son père. Car, d'une manière ou d'une autre, Dieu ne fait rien sans en avertir son peuple (
Amos 3:7). Et, mieux encore ses élus. Ce jour-là, devant l'hésitation de Papa Diangienda, son père lui a écrit une lettre-testament qu'il a jalousement gardée et que son frère Kisolokele Lukelo (en vacances chez lui à Kananga) a découvert par hasard au fond d'un tiroir. Si la remise et reprise doit se faire en principe du vivant tant du cédant que du successeur, c'est simplement parce que c'est le moment crucial des dernières recommandations ou consignes; et surtout c'est à cette occasion que se fait la transmission des symboles de l'autorité et du pouvoir. Dans le cas de l'église kimbanguiste, il s'agit plus précisément du "
mvuala lulendo" (2) et des "
clés du mausolée"(3). D'ailleurs, faisant allusion à l'actuel chef spirituel, un ange est venu inspirer un cantique très édifiant souvent exécuté par le "G.G.KI" - Groupe des Guitaristes Kimbanguistes; afin de faire taire les mauvaises langues qui s'étaient élevées contre lui juste après son accession au trône du numéro un de l'E.J.C.S.K. Voici ce que dit un passage du cantique:
Citation:
"Mvuala ya lulendo kua mono yena, nsabi za kinlongo mono yavewazo, kuna yavewa salu kua mase meto beno kaluakala ko" (4).
Secundo, la succession ne peut se faire outre-tombe sinon du vivant de celui qui s'en va. Elle ne s'opère jamais en deux dimensions, c'est-à-dire pendant que l'un est dans le monde des vivants et l'autre est dans celui des morts. Donc, Papa Simon KIMBANGU déjà mort en 1951 ne pouvait pas faire la remise et reprise avec son fils cadet encore vivant. Qu'on ne nous dise pas qu'avec Dieu tout est possible. Certes. Mais, Dieu est la toute première personne qui se soumet à la loi, car justement nul n'est censé ignorer la loi. Cela veut dire que l'hypothése du 29 juillet 1958 qui a été évoqué par papa Nzakimwena est infondée, puisque la succession ne pouvait avoir lieu que du vivant du père et de son fils cadet. Et très Curieusement dans son énumération du
24 novembre 1991 au centre d'accueil kimbanguiste, Papa Diangienda Kuntima n'a pas cité l'année 58; il a plutôt commencé par 1928 et a clôturé par l'année 1951. (Pour se rafraichir la mémoire, voir
"Que les vrais kimbanguistes répondent ? cette question"). Notre Seigneur Jésus christ qui est notre principale référence en la matière a fait sa succession avec Simon de Cyrène de son vivant et cela nous réconforte dans l'hypothèse qu'aucune succession ne peut se faire outre-tombe c'est-?-dire au-delà de la mort. Autres exemples: Moïse et Josué, David et Salomon ont réglé leur succession de leur vivant. De Papa Diangienda à Papa Dialungana et de Papa Dialungana à Papa Simon Kimbangu Kiangani, tous les détails ont été solutionné avant le départ du cédant.
Cela étant, il est clair qu'aucune remise et reprise n'a eu lieu entre Papa Simon KIMBANGU et Papa Diangienda après le 12 octobre 51. Tout s'est passé entre eux avant la mort de Papa Simon KIMBANGU. Et pendant que nous nous évertuons à chercher la bonne réponse,
c'est alors que Papa Simon KIMBANGU KIANGANI est venu à notre secours.
Comment ? Eh bien ! en confirmant que la remise et reprise de Papa S. KIMBANGU et Papa Diangienda n'a pas eu lieu ni le 04 août 1951 ni le 29 juillet 1958; mais plutôt le 06 avril 1951 à la prison d'Elisabethville. Soit trente ans, jour pour jour, après le début de son ministère le 06 avril 21.
Pour plus de précisions, voir le message du chef spirituel et représentant légal de l'E.J.C.S.K S.E Papa Simon KIMBANGU KIANGANU aux fidèles kimbanguistes de Kinshasa le
dimanche 1er Janvier 2006.
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(1)- Cette phrase est une des formules souvent utilisée par Papa Mfumu'a mbanza Dialungani Kiangani dans ses nombreuses prières. A travers elle, il faisait allusion à notre Seigneur Jésus christ. On peut la traduire littéralement en ces termes: "C'est quelqu'un qui a abandonné les honneurs du ciel, qui est venu verser son sang pour nous, symbole de notre libération"
(2)- Mvuala lulendo: Expression kikongo qu'on peut traduire par canne sacrée ou bâton de commandement.
(3)- Nsabi za kinlongo: Expression kikongo qui signifie les clefs du mausolée (de Papa S.K).
(4)- Cantique kimbanguiste divinement inspiré et souvent éxecuté par le Groupe des Guitaristes Kimbanguistes (G.G.KI.).
Traduction: Le bâton de commandement m'a été donné, les clefs du mausolée également, et vous n'étiez pas là où l'on m'avait confié la charge..."